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mercredi 4 juin 2025

La Douane Nigérienne : Un Maillon faible potentiel au cœur de la Confédération des États du Sahel

 

La Douane Nigérienne : Un Maillon Faible Potentiel au Cœur de la Confédération des États du Sahel



Niamey, Niger – Au sein de la nouvelle dynamique régionale impulsée par la Confédération des États du Sahel (CES), qui unit le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l'efficacité et la robustesse des administrations douanières sont primordiales. Pourtant, des voix s'élèvent au Niger pour dénoncer une situation alarmante au sein de l'administration douanière, suggérant qu'elle pourrait en devenir le maillon faible en raison de graves lacunes en matière de gestion des ressources humaines et de recrutement.

Une Administration Douanière en Sous-effectif Chronique

Selon des diplômés en douane du Niger, 26 juillet 2021, l'Administration douanière fait face à une crise de personnel sans précédent. Des projections basées sur des données de 2018 indiquent que d'ici 2028, plus de 37% des douaniers actuels partiront à la retraite. Cette vague de départs réduirait l'effectif à moins de 680 agents pour surveiller et protéger un rayon douanier colossal de 1,267 million de km², réparti sur 144 services. Une telle pénurie compromet gravement la capacité de la douane à remplir ses missions essentielles, notamment la mobilisation des recettes de l'État et la sécurisation des frontières.

Des Concours de Recrutement gelés et Contestés

Le blocage des concours de recrutement depuis 2018 est au cœur de cette crise. Les diplômés en douane dénoncent un système opaque et discriminatoire, marqué par des irrégularités et l'intégration de personnes non qualifiés, alors même que des centaines de professionnels formés sont laissés pour compte. Les controverses autour des concours de 2018 ont d'ailleurs mené à leur annulation par le ministère des Finances, suite aux enquêtes de la Haute Autorité à la Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA). Cette situation crée non seulement un chômage endémique parmi les jeunes qualifiés, mais fragilise également l'institution douanière, censée être un corps paramilitaire garant de la discipline et de l'intégrité.

Les Conséquences : Sécurité et Économie en Jeu

L'affaiblissement de l'Administration douanière nigérienne a des répercussions directes sur la sécurité et l'économie du pays. Dans un contexte régional marqué par l'insécurité, une douane sous-équipée et en sous-effectif est moins apte à contrôler efficacement les flux de marchandises, favorisant ainsi la contrebande et le trafic illicite. Comme le soulignent des rapports internationaux, les ressources limitées et le manque de reconnaissance du rôle sécuritaire des douanes dans les zones de conflit peuvent compromettre la confiance avec les acteurs économiques locaux et entraîner une perte de recettes fiscales cruciales.

Le Défi de l'Intégration Régionale face aux Faiblesses Internes

Paradoxalement, alors que le Niger est un pilier de la nouvelle Confédération des États du Sahel (CES), cette dernière s'engage activement dans le renforcement de la coopération douanière. La CES a récemment instauré un "Prélèvement Confédéral" de 0,5% sur la valeur en douane des importations hors AES, visant à financer de manière autonome ses projets stratégiques et à renforcer l'intégration régionale. Des initiatives telles que la mise en place de cellules mixtes de contrôle et l'interconnexion des systèmes informatiques aux postes frontières sont prévues pour moderniser et harmoniser les pratiques douanières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Cependant, ces ambitions régionales risquent d'être entravées si un de ses membres fondamentaux ne parvient pas à résoudre ses problèmes structurels internes. Si le Niger ne parvient pas à pourvoir ses postes douaniers avec un personnel qualifié et suffisant, et à mettre en place un système de recrutement transparent et méritocratique, il pourrait non seulement freiner l'élan de la CES, mais aussi être perçu comme le maillon faible en matière de sécurité et de mobilisation des recettes douanières, affaiblissant ainsi l'ensemble de l'alliance.

Appel à l'Action

Face à l'urgence de la situation, les diplômés en douane appellent les plus hautes autorités nigériennes à une action rapide et concrète. Ils demandent notamment l'intégration sans concours des quelques 200 diplômés en attente, la mise en place d'un système de recrutement équitable, l'ouverture d'une enquête indépendante sur les irrégularités passées, et l'instauration d'un dialogue constructif. Seule une réforme profonde et une volonté politique forte permettront à la douane nigérienne de regagner sa pleine capacité opérationnelle et de jouer pleinement son rôle, tant au niveau national que dans le cadre de la nouvelle Confédération des États du Sahel.

a lire aussi :

Sources :

Dialogue en cours pour l'insertion des diplômés de l'ENA à la Douane nigérienne

Dialogue en cours pour l'insertion des diplômés de l'ENA à la Douane nigérienne



Niamey, Niger – Une rencontre a eu lieu le jeudi 22 mai 2025, entre les représentants des diplômés et élèves en douane de l'École Nationale d'Administration (ENA) et la Direction des Ressources Humaines et de la Formation (DRH/F) de la Direction Générale des Douanes (DGD) du Niger. Cette entrevue fait suite à une demande officielle du collectif des diplômés, initialement adressée au Directeur Général des Douanes.

L'objectif principal de cette réunion était de discuter des perspectives de recrutement des spécialistes en douane. Les questions soulevées par le collectif portaient sur l'éventuelle organisation d'un concours d'intégration directe en 2025, la position de la DGD concernant une intégration sans concours pour les diplômés de l'ENA, et la possibilité d'un soutien de la DGD pour une rencontre tripartite avec le Ministre des Finances.

La Direction des Ressources Humaines et de la Formation a accusé réception de la lettre du collectif et a indiqué qu'elle examinerait ces points avec le Directeur Général des Douanes afin d'apporter des réponses. Le collectif a exprimé sa gratitude pour la disponibilité et la courtoisie du Directeur des Ressources Humaines et de la Formation.

Cette rencontre marque une étape dans l'établissement d'un canal de communication entre les diplômés de l'ENA et l'administration douanière, dans l'attente de clarifications sur leur future intégration professionnelle.

Retrouvez l'article sur l'entretien en visitant le blog spécialisé en douane de l'Afrique de l'ouest administré par un nigérien 👉🏾abdoulkadernews.blogspot.com

A lire aussi

👉la douane "déclarante", est-ce envisageable, et les transitaires et commissionnaires seront-ils d'accord?

👉🏾 Six ans ne suffiront pas pour organiser un concours d'intégration à la douane au Niger,

👉Déclaration des diplômés en douane


samedi 8 mars 2025

5 000 à 10 000 m³/j/Damagaran, Guida!

Damagaran, Guida!


Damagaran, illustre ville légendaire et mythique du Niger. Elle n'est pas uniquement la ville de deux présidents élus démocratiquement, elle est aussi la première capitale du Niger....

Analyse comparative avec Niamey 

Il est important de noter que Niamey, en tant que capitale administrative du pays, bénéficie souvent d'une part disproportionnée des investissements publics par rapport aux autres régions, y compris Zinder. Pourtant, cette même région enregistre le plus de cadre dans l'appareil d'État. Je m'abstiendrai de donner des chiffres sur les dépenses par région dans le cadre de la modernisation des villes conformément à la politique de l'agence de modernisation des villes (AMV) pour confirmer la disproportionnalité des investissements publics.
À lire aussi :👉🏾 Après 22, la CNPC au Niger👈🏾
Les données comparatives sur les investissements publics entre la région de Zinder et la région de Niamey au Niger peuvent varier selon les secteurs (infrastructures, éducation, santé, agriculture, etc.) et les périodes analysées. Cependant, Niamey concentre une grande partie des institutions gouvernementales, des projets urbains et des infrastructures stratégiques (routes, énergie, eau), ce qui explique des investissements plus élevés.
En 2020, Niamey aurait absorbé environ 30-40% des investissements publics nationaux, contre 5-10% pour Zinder (source : INS Niger). En 2021, plus de 70% des investissements routiers nationaux sont alloués à Niamey et à l'axe Niamey-Dosso (rapport Banque Mondiale, 2021). Cependant, dans la même année et dans le domaine agricole Zinder a reçu environ 15% des fonds agricoles nationaux  (contre 5% pour Niamey, selon le Ministère de l'Agriculture).
Cette tendance semble être rectifier ces dernières années. En effet, depuis 2021, Zinder reçoit près de 2 fois plus d’investissements, dans le secteur hydraulique, par habitant que Niamey.  
Cette différence s’explique par :  
  - Un retard historique : Zinder a longtemps souffert d’un déficit hydraulique critique, nécessitant des investissements lourds.  
  - Des coûts techniques plus élevés : Forages profonds (> 300 m) et nécessité de transporter l’eau sur de longues distances.  
  - Un objectif de rééquilibrage territorial : La BAD et l’État nigérien cherchent à réduire les inégalités d’accès à l’eau.  
A Zinder, le retard infrastructurel et les coûts d’exploitation maintiennent une inégalité d’accès réelle. Le coût réel de l’eau est plus élevé à Zinder. 
Faute d'infrastructures, en milieu rural, le prix est plus élevé à Zinder soit 1 000-2 000 FCFA/m³ contre 500 FCFA/m³ avec un tarif régulé par la NDE, à Niamey.
D'autres considérations entrent en jeu, comparativement à la capitale Niamey, et maintiennent cette inégalité comme :
  - Niamey est la capitale administrative et économique, avec une pression internationale forte (sièges d’institutions).  
  - Urgence liée à la croissance anarchique (bidonvilles, besoins sanitaires).  
  - par contre, Zinder est une région rurale marginalisée, moins visible médiatiquement avec des projets souvent réactifs (crises d’eau) plutôt que planifiés.  
Zinder, deuxième ville la plus peuplée du Niger et région historiquement importante, est souvent perçue comme sous-investie malgré son potentiel agricole et sa position géographique (carrefour vers le Nigeria). Les ONG et institutions comme l'UNICEF soulignent le sous-investissement chronique dans les régions comme Zinder, malgré leur vulnérabilité aux crises alimentaires.
Analyse des Disparités par Secteur
Avec une population  majoritairement rurale, croissance démographique élevée mais moins concentrée, Zinder accumule les disparités structurelles et géopolitique malgré sa population estimée à 5 millions, 3 à 4 fois celle de Niamey. De plus, Niamey reçoit 4,2 fois plus d’investissements par habitant que Zinder.

 Accès à l'Eaux

Damagaran, la région de Zinder a un besoin de couverture journalier de 5 000–10 000 m³. Avec les projets en cours comme Ganaram3 et Aroungouza on peut espérer une augmentation de la couverture en eau. Le taux d'accès à l'eau est de 35% à Zinder contre 75% à Niamey(Estimation basée sur les rapports de la SEEN, 2023). Il est certain que la capitale doit garantir un degré d'accès à l'eau conforme aux normes internationales des capitales proprices aux événements internationaux mais Zinder est aussi la première capitale du Niger, la ville des présidents élus démocratique. Cette dernière mérite donc une attention particulière.
Ces inégalités conduisent à  des pénuries fréquentes (3 à 5 jours sans eau dans certains quartiers) et le recours à des solutions informelles (eau vendue par charrettes à prix élevé).
Le retard infrastructurel et ses coûts d’exploitation maintiennent une inégalité d’accès réelle à Zinder. Niamey, malgré des ratios plus faibles, dispose d’un réseau mieux organisé mais saturé. Une approche différenciée et des financements adaptés aux spécificités locales sont nécessaires pour réduire ces écarts.

Secteur Structurel

Niamey bénéficie de financements récurrents et de la priorité politique (ville capitale) tandis que Zinder est handicapé du sous-équipement historique et des coûts de forage plus élevés (nappes profondes).  

Facteurs Géopolitiques

Niamey attire plus d’investisseurs (projets urbains, diplomatie économique) alors que Zinder dépend davantage de l’aide internationale (BAD, UE).
Il est donc évident de renforcer la transparence par la publication des données détaillées sur les investissements par région.  
Il est aussi urgent d'accélérer les projets ruraux à Zinder pour réduire la dépendance aux forages coûteux.  

Ouverture (politique)

Damagaran est la ville "faiseur de roi, de président". Faire admettre à la fonction publique les ressortissants (parents, amis et connaissances des dignitaires de la région de Zinder) n'est pas la solution pour s'assurer de l'allégeance de la masse pour les élections. La récurrence du procédé, depuis la conférence des années 90 a conduit à une frustration généralisée dans toutes les zones rurales, pas seulement à Zinder. 
La technique est connue de tous donc il est donc primordial pour la sauvegarde de la patrie et de la sauvegarde de toute parcelle de #justice d'éviter cette pratique !
Conclusion: bien que "Comparaison n'est pas raison", la comparaison révèle une inégalité marquée en faveur de Niamey, malgré des besoins plus criants à Zinder. Une approche corrective fondée sur des indicateurs objectifs (déficit hydrique, taux d’accès) serait nécessaire pour rééquilibrer les allocations. Les bailleurs internationaux pourraient y contribuer en liant leurs financements à des critères d’équité territoriale.
(Sources croisées : BAD, AFD, SPEN, INS-Niger, SEEN,NDE)
Note d'information : l'analyse comparative est une méthode pédagogique d'apprentissage donc d'information forcément car pas d'apprentissage sans information. L'objectif de cette analyse est donc d'informer, de sensibiliser sur l'importance de l'eau dans la région de Zinder. Le Niger a beaucoup à gagner en laissant de côté les calculs politiques, de pouvoir (ou de douane) et de se concentrer sur la justice entre les nigeriens et entre les régions et en même temps d'une justice équitable à tous les présidents(même déchu)....
...vous pouvez nous laisser votre avis en commentaire 👇 

A lire aussi :

lundi 17 février 2025

Les mots de bienvenue du président du réseau mondial des déclarants et transitaires

 Soyez tous les bienvenus 





Bonjour cher tous, ce forum est en réalité un forum dédié à tous ceux qui voudrons faire carrière et à tous professionnel du domaine de la chaine logistique notamment celui des transitaires et des déclarants en douane. Je tiens à rappeler que nous voulons faire de ce forums un cadre mondial ou réseaux mondial.

Considérant la nécessité de mondialisation,

Considérant le défi de collaboration entre expert professionnelle a l'échelle mondiale,

Considérant que nul ne peut avancer seul durablement,

Considérant que la richesse mondiale doit être équitablement partagée dans le monde,

Considérant la demande sans cesse de diverses prestations dans divers domaines et le manque d'information au niveau des experts disponibles 

Considérant qu'on ne peut être dans tous les pays à la fois mais quand même solliciter pour des prestations dans d'autres pays. 

Nous avons décidé de mettre en place une institution associative qui regroupe des transitaires et declarant en douane de diverses pays. 

Dont l'objectif général est de promouvoir le développement et le potentiel des acteurs de la chaîne logistique notamment celui des transitaires et déclarant en douane.  

Merci bien pour la compréhension et la considération. 

Éventuellement les questions peuvent être posées.

BAMOGO SIDI MAHAMADI l'un des administrateur du groupe et merci également aux administrateurs.

mercredi 5 février 2025

Optimisation des procédures douanières : Comment le modèle KADER-PERF révolutionne l’efficacité opérationnelle

Optimisation des procédures douanières : Comment le modèle KADER-PERF révolutionne l’efficacité opérationnelle 

Dans un contexte mondialisé où les échanges commerciaux ne cessent de croître, l’optimisation des procédures douanières devient un enjeu clé pour les entreprises et les administrations. Les retards, les coûts logistiques et les risques de non-conformité pèsent lourdement sur la compétitivité. Pour y répondre, des méthodologies innovantes comme le modèle KADER-PERF émergent, combinant évaluations techniques et comportementales pour une approche holistique. Décryptage.  

Modèle KADER-PERF : Une approche duale pour une optimisation durable  

Le modèle KADER-PERF se distingue par sa capacité à intégrer deux dimensions complémentaires :  

1. Les évaluations techniques (simulations, tests)  

2. Les évaluations comportementales (audits, feedback).  

Cette combinaison permet non seulement d’identifier les points de friction dans les processus douaniers, mais aussi d’agir sur les pratiques humaines et organisationnelles, souvent négligées malgré leur impact critique.  

1. Évaluations techniques : Simulations et tests pour anticiper les risques

Les procédures douanières impliquent une multitude d’étapes complexes : dédouanement, contrôle des marchandises, gestion des documents (DDU, certificats), etc. Les simulations jouent ici un rôle prépondérant. Grâce à des outils digitaux avancés, il est possible de modéliser des scénarios réalistes pour :  

- Prédire les goulots d’étranglement (ex. : pics de demandes, retards de validation).  

-Tester la résilience des systèmes en cas de crise (pandémie, grèves, perturbations logistiques).  

- Valider la conformité réglementaire des processus, notamment face aux normes internationales (OMD, Incoterms, SAFE).  

Parallèlement, les tests techniques permettent de vérifier la fiabilité des infrastructures (douanes électroniques, blockchains pour la traçabilité) et d’optimiser l’interopérabilité entre les acteurs (entreprises, transitaires, administrations).  

2. Évaluations comportementales : Audits et feedback pour renforcer la compliance  

Si la technique est essentielle, l’humain reste au cœur des procédures douanières. Le modèle KADER-PERF intègre donc des audits comportementaux pour analyser :  

- Le respect des protocoles par les équipes (ex. : saisie des données, gestion des alertes).  

- La culture de la compliance au sein des organisations (formation continue, sensibilisation aux risques de fraude).  

- La coordination entre services (logistique, juridique, douane).  

Les mécanismes de feedback complètent cette approche en recueillant les retours des parties prenantes :  

- Les opérateurs économiques signalent les lourdeurs administratives.  

- Les agents douaniers partagent leurs observations terrain.  

- Les partenaires internationaux suggèrent des ajustements pour harmoniser les pratiques.  

Ces données permettent d’ajuster en temps réel les procédures et de former les équipes sur des cas concrets.  

Synergie technique-comportementale : La clé de la performance

L’originalité du modèle KADER-PERF réside dans l’interaction entre ses deux piliers. Par exemple si :  

- Une simulation révèle un taux d’erreur élevé dans les déclarations en douane → Un audit comportemental identifie un manque de formation sur un logiciel → Des sessions de coaching ciblées sont organisées.  

- Un feedback d’un partenaire commercial met en lumière des incompréhensions sur les codes additionnels→ Des tests techniques sont lancés pour simplifier l’interface de déclaration.  

Cette synergie crée un cercle vertueux où chaque amélioration technique renforce les bonnes pratiques, et vice versa.  

Bénéfices tangibles pour les entreprises et les administrations

L’application du modèle KADER-PERF génère des résultats mesurables :  

- Réduction des délais de dédouanement (jusqu’à 70% selon les cas étudiés).  

- Diminution des coûts liés aux non-conformités (amendes, immobilisation des marchandises).  

- Amélioration de la collaboration public-privé, grâce à des feedbacks structurés.  

- Adaptabilité accrue face aux évolutions réglementaires (Brexit, nouvelles sanctions commerciales).  

Conclusion : Vers une douane agile et proactive  

L’optimisation des procédures douanières ne se limite plus à l’automatisation des tâches. Le modèle KADER-PERF incarne une nouvelle ère où l’efficacité opérationnelle repose sur l’équilibre entre technologie et facteur humain. Pour les entreprises, c’est l’opportunité de transformer un passage obligé en avantage concurrentiel. Pour les États, c’est un levier pour fluidifier les échanges tout en garantissant la sécurité nationale.  

En adoptant cette approche, les acteurs du commerce international peuvent enfin concilier rapidité, compliance et résilience – trois impératifs au cœur des défis économiques actuels.  

Restez connectés pour découvrir prochainement des retours d’expérience concrets ayant implémenté le modèle KADER-PERF !

A lire aussi :

👉Modernisation de la douane : la mutabilité

👉Code des procédures douanières

👉Réseau mondial des transitaires et déclarants

vendredi 17 janvier 2025

Réseau mondial des transitaires et déclarants en douane : Entretien avec Sidi Mahamadi Bamogo

Réseau mondial des transitaires et déclarants en douane : Entretien avec Sidi Mahamadi Bamogo, président de l'association 

Dans un monde de plus en plus globalisé, où les échanges commerciaux ne connaissent plus de frontières, les métiers de transitaire et de déclarant en douane revêtent une importance cruciale. Pour répondre aux enjeux de cette mondialisation et favoriser la collaboration entre professionnels du secteur, une nouvelle association voit le jour. Nous avons rencontré Sidi Mahamadi Bamogo, président de l'association et l'un des administrateurs de ce réseau mondial, pour en savoir plus sur ce projet ambitieux.

Monsieur Bamogo, pouvez-vous nous présenter plus en détail cette nouvelle association et ses objectifs ?


"Cette association a pour vocation de rassembler les transitaires et les déclarants en douane du monde entier. Notre objectif est de créer un réseau solide où les professionnels peuvent partager leurs connaissances, leurs expériences et leurs meilleures pratiques. Nous voulons également faciliter la collaboration entre les différents acteurs de la chaîne logistique, notamment en matière de réglementation douanière, de logistique internationale et de gestion des risques. En somme, il s'agit de renforcer le rôle des transitaires et des déclarants en douane dans l'économie mondiale."

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à créer une telle association à l'échelle mondiale ?

Nous avons constaté un besoin croissant de coordination et d'harmonisation des pratiques professionnelles à l'échelle internationale. Les réglementations douanières sont de plus en plus complexes et évoluent rapidement. De plus, les entreprises ont besoin de solutions logistiques toujours plus efficaces et flexibles. En créant ce réseau, nous souhaitons offrir aux professionnels les outils nécessaires pour répondre à ces défis et saisir les opportunités qu'offre la mondialisation."

Quels sont les principaux avantages pour les membres de cette association ?

 "Les membres bénéficieront de nombreux avantages, tels que :

  •     Un accès à une plateforme en ligne pour échanger des informations et des bonnes pratiques ;
  •     La possibilité de participer à des formations et des événements organisés par l'association ;
  •     Un réseau de contacts privilégiés avec des professionnels du monde entier ;
  •     Un soutien dans leurs démarches professionnelles ;
  •     Une voix collective pour défendre les intérêts de la profession auprès des institutions internationales.
  •  Assister les entreprises, institutions et opérateurs économiques pour se conformer aux normes SAFE de l'OMD leur permettant d'obtenir le statut d'opérateur économique agréé (OEA)"

Comment envisagez-vous le développement de cette association à l'avenir ?

"Notre ambition est de faire de cette association une référence mondiale dans le domaine du transit et du dédouanement. Nous souhaitons développer de nouveaux services pour nos membres, tels que des outils de gestion douanière, des plateformes de e-commerce et des solutions de financement. Nous envisageons également de nouer des partenariats avec d'autres organisations internationales pour renforcer notre impact."

La création de cette association mondiale de transitaires et de déclarants en douane marque une nouvelle étape dans l'évolution de la profession. En réunissant les acteurs clés de la chaîne logistique, ce réseau contribuera à améliorer l'efficacité des échanges internationaux et à renforcer la compétitivité des entreprises.

Profil (LinkedIn) :👉 Mr BAMOGO Sidi Mohamed 


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lundi 25 novembre 2024

Une nouvelle approche pour les réformes douanières nigériennes


Une nouvelle approche pour les réformes douanières nigériennes : des résultats positifs grâce à la science des données et l’utilisation de technologies innovantes

Publié sur Governance for Development (banquemondiale.org), 18 juillet 2022

Au Niger, une approche originale en termes de réformes douanières est en place depuis plus de 2 années et commence à porter ses fruits. A l’heure des discours sur la digitalisation pour la gouvernance, le Niger offre des idées innovantes transposables à de nombreux pays.
En 2020, la douane nigérienne décide de se doter d’une cellule d’analyse de données et des réformes afin d’exploiter ses données douanières. Un an après sa pleine opérationnalisation, des résultats tangibles en termes de recettes et de facilitation du commerce ont déjà été enregistrés.

Une approche centrée sur le renforcement des capacités internes
Fin 2019, l’approche a été initiée par la sensibilisation des cadres de haut niveau, sous l’impulsion du Directeur Général des Douanes avec un séminaire d’information sur l’analyse de données, puis des démonstrations d’analyses, en particulier pendant la période de la crise sanitaire pour suivre l’évolution des recettes, des volumes et des routes de commerce et un partage des analyses avec les décideurs politiques.

A l’issue de cette première phase de quelques mois, le Directeur Général a engagé son administration dans un usage plus généralisé des données, en créant une équipe dédiée. La formation et l’institutionnalisation d’une équipe fut le deuxième temps de la transition. Un appel à candidatures fut organisé en interne, sans condition de grade. Sur 42 candidats, une dizaine de douaniers ont été sélectionnés, ayant un goût particulier pour la programmation et les outils informatiques et une éducation scientifique de base. Ces candidats ont suivi une formation de quatre semaines, à partir des données douanières nigériennes, sur un langage de programmation (open source) et un outil d’exploration et visualisation de données (commercial). A l’issue de cette formation, cinq douaniers ont été choisis pour former la cellule d’analyse de données et de réformes de la douane nigérienne, la CADRE, avec à leur tête un douanier très expérimenté. Cette formation fut assurée, grâce à un financement du Programme Fiscal Mondial auprès de la Banque Mondiale, par des formateurs de la diaspora nigérienne avec l’appui d’un conseiller de la Coopération française.

Une montée en puissance progressive de la prise de décision sur des chiffres (evidence-based)
Même si la cellule reste jeune, elle se place au centre du dialogue sur les réformes, à l’aide des analyses quantitatives (recettes, volumes, risques, analyses sectorielles, simulations…) qu’elle réalise à la demande du Directeur Général et qui sont partagées avec l’ensemble des directeurs de la douane nigérienne et avec l’autorité politique. Il y a deux réunions mensuelles avec les cadres dirigeants et deux autres avec le ministre des Finances, qui sont les moments forts où la cellule est toujours appelée à présenter ses analyses. C’est par ces rendez-vous réguliers que le travail de la cellule permet l’émergence d’un dialogue sur les réformes et les mesures fiscales et techniques, fondé sur des évaluations quantitatives.
Ce résultat – l’institutionnalisation progressive des analyses de données dans le dialogue interne - n’est pas quantifiable, mais il constitue la clef de la réussite des autres actions. Une nouvelle culture s’installe dans les prises de décision au niveau central fondée sur les faits et les chiffres.et tangibles 
En outre, la cellule est au cœur de l’amélioration des pratiques sur le terrain car elle gère les « contrats de performance ». Sur un modèle identique à ce qui a été développé au Cameroun, au Togo et à Madagascar, les inspecteurs vérificateurs (première ligne de contrôle) s’engagent vis-à-vis de l’administration des douanes par la signature de contrats individuels de performance. Les critères de l’évaluation reposent sur des indicateurs qui traduisent les axes prioritaires de la douane nigérienne (réduction du temps nécessaire pour la main levée des marchandises, optimisation des recettes douanières et lutte contre les fraudes et les mauvaises pratiques). Six mois plus tard, les chefs de bureau ont signé des contrats individuels à leur tour, s’engageant sur des critères d’efficacité depuis la prise en charge des marchandises jusqu’au paiement. Ces contrats ont été mis en œuvre sur tous les bureaux principaux par la cellule. Ils ont été précédés d’une longue phase d’analyse des données douanières pour détecter les points faibles des procédures douanières et leur impact potentiel sur les recettes, suivie d’une tournée nationale au cours de laquelle la cellule a expliqué les nouvelles approches fondées sur les données aux personnels sur le terrain et leur a décrit les modes de calcul et d’évaluation des indicateurs pour une meilleure appropriation.

Des résultats initiaux encourageants
L’impact des contrats a été rapide. En 9 mois d’expérimentation, la douane nigérienne a recouvré 731, 9 millions de francs CFA soit plus d’un million de dollars US de droits et taxes additionnels suite au contrôle de première ligne (pour des recettes annuelles de 222 milliards CFA). Sur la même période, avant les contrats, la douane n’avait récupéré que 63 millions de francs CFA, soit dix fois moins. Bien que modeste, ce chiffre est important, par son évolution d’une part qui marque une rupture dans les modalités du contrôle de première ligne et, d’autre part parce que lutter contre la fraude permet aussi de réduire les collusions. Comme dans d’autres pays, la mise en place des contrats a été l’opportunité de modifications des procédures douanières dans le sens de leur sécurisation. L’impact des contrats de performance se mesure aussi à la réduction de temps de dédouanement qui est passé, en moyenne, de 8,76 heures à 3,29 heures.

Une force de proposition et d’innovation
La cellule propose des solutions innovantes fondées sur l’analyse de données, pour répondre à des besoins récurrents de l’administration. En l’occurrence, la douane du Niger souhaite confronter son maillage du territoire, en vigueur depuis 1962, à l’évolution économique des zones frontalières dans les 20 dernières années, dans le but de mieux redéployer ses unités. En partenariat avec une société de géomatique, la douane a mobilisé des techniques géospatiales pour évaluer la croissance des flux économiques transfrontaliers, à l’aide de données douanières et de données externes dont des données géospatiales. Des cartes originales à différentes échelles et de nouvelles données géospatiales ont été générées. Ces analyses ont permis d’identifier les principaux centres actuels de commerce transfrontaliers au Niger et dans les pays voisins, d’en analyser leur croissance et les axes qui les relient, brossant un panorama global des activités transfrontalières en 2020. Elles confirment l’existence de nouvelles zones de forte croissance, d’axes de transport alternatifs fréquentés non connus et d’objets d’intérêt tels que des zones de transit de camions, de nouveaux marchés et des zones de stockage. Des patrouilles ont ainsi été organisées par les Brigades des douanes à l’embouchure des zones identifiées.


La transposition de cette approche et ses spécificités ?

L’analyse de données est un thème important pour la communauté douanière. L’Organisation mondiale des douanes en a fait un levier stratégique prioritaire pour améliorer l’efficacité des douanes.
Cette approche semble transposable et révèle des spécificités qui sont autant de leçons à tirer.
  • La douane nigérienne a complètement internalisé son analyse de données. D’une part, elle a choisi de ne pas recourir à des sociétés privées spécialisées, pour plusieurs raisons : confidentialité des données, capacité interne d’interprétation des résultats des analyses en lien avec les réalités parfois non explicites de l’environnement douanier, volonté de ne pas renouveler les formes de contractualisation et de dépendance qui existaient lors des contrats d’inspection. D’autre part, elle n’a pas fait appel à des recrutements extérieurs pour l’instant: il était important que des douaniers acquièrent un savoir-faire dans l’analyse de données et s’approprient les données douanières, avant d’envisager un complément de ressources humaines spécialisées dans l’analyse.
  • La douane nigérienne a fait un deuxième choix : centraliser ses capacités sous la forme d’un « data lab », plutôt que de dédier ses ressources d’analyses à un domaine spécifique, traditionnellement l’analyse de risque. Par ce choix, les analystes mobilisent l’ensemble des données douanières, font appel à des données externes pour résoudre des problèmes complexes et diversifiés. Cela fait aussi partie d’un environnement motivant.
  • Le troisième choix est celui de l’open source. Les outils open source sont gratuits mais ils occasionnent des coûts, de formation et de veille notamment. Toutefois, ce sont autant d’investissements dans la connaissance et les ressources humaines internes, ce qui contribue aussi à un environnement motivant et ouvert sur l’extérieur.
 
Enfin, au soutien des partenaires techniques et financiers à cette initiative, s’ajoute une condition essentielle à l’indépendance et la survie d’une telle cellule : des primes substantielles spécifiques et mensuelles sont accordées aux membres de la Cellule ainsi que divers avantages reconnus aux cadres dirigeants de la douane afin qu’ils s’investissent dans un domaine innovant, au cœur des douanes modernes.


La parole est à vous

Auteurs

Thomas CantensH (Head of research and policy, World Customs Organization)

Dan Bouga Boukari (Colonel des douanes nigériennes)