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mercredi 4 juin 2025

La Douane Nigérienne : Un Maillon faible potentiel au cœur de la Confédération des États du Sahel

 

La Douane Nigérienne : Un Maillon Faible Potentiel au Cœur de la Confédération des États du Sahel



Niamey, Niger – Au sein de la nouvelle dynamique régionale impulsée par la Confédération des États du Sahel (CES), qui unit le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l'efficacité et la robustesse des administrations douanières sont primordiales. Pourtant, des voix s'élèvent au Niger pour dénoncer une situation alarmante au sein de l'administration douanière, suggérant qu'elle pourrait en devenir le maillon faible en raison de graves lacunes en matière de gestion des ressources humaines et de recrutement.

Une Administration Douanière en Sous-effectif Chronique

Selon des diplômés en douane du Niger, 26 juillet 2021, l'Administration douanière fait face à une crise de personnel sans précédent. Des projections basées sur des données de 2018 indiquent que d'ici 2028, plus de 37% des douaniers actuels partiront à la retraite. Cette vague de départs réduirait l'effectif à moins de 680 agents pour surveiller et protéger un rayon douanier colossal de 1,267 million de km², réparti sur 144 services. Une telle pénurie compromet gravement la capacité de la douane à remplir ses missions essentielles, notamment la mobilisation des recettes de l'État et la sécurisation des frontières.

Des Concours de Recrutement gelés et Contestés

Le blocage des concours de recrutement depuis 2018 est au cœur de cette crise. Les diplômés en douane dénoncent un système opaque et discriminatoire, marqué par des irrégularités et l'intégration de personnes non qualifiés, alors même que des centaines de professionnels formés sont laissés pour compte. Les controverses autour des concours de 2018 ont d'ailleurs mené à leur annulation par le ministère des Finances, suite aux enquêtes de la Haute Autorité à la Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA). Cette situation crée non seulement un chômage endémique parmi les jeunes qualifiés, mais fragilise également l'institution douanière, censée être un corps paramilitaire garant de la discipline et de l'intégrité.

Les Conséquences : Sécurité et Économie en Jeu

L'affaiblissement de l'Administration douanière nigérienne a des répercussions directes sur la sécurité et l'économie du pays. Dans un contexte régional marqué par l'insécurité, une douane sous-équipée et en sous-effectif est moins apte à contrôler efficacement les flux de marchandises, favorisant ainsi la contrebande et le trafic illicite. Comme le soulignent des rapports internationaux, les ressources limitées et le manque de reconnaissance du rôle sécuritaire des douanes dans les zones de conflit peuvent compromettre la confiance avec les acteurs économiques locaux et entraîner une perte de recettes fiscales cruciales.

Le Défi de l'Intégration Régionale face aux Faiblesses Internes

Paradoxalement, alors que le Niger est un pilier de la nouvelle Confédération des États du Sahel (CES), cette dernière s'engage activement dans le renforcement de la coopération douanière. La CES a récemment instauré un "Prélèvement Confédéral" de 0,5% sur la valeur en douane des importations hors AES, visant à financer de manière autonome ses projets stratégiques et à renforcer l'intégration régionale. Des initiatives telles que la mise en place de cellules mixtes de contrôle et l'interconnexion des systèmes informatiques aux postes frontières sont prévues pour moderniser et harmoniser les pratiques douanières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Cependant, ces ambitions régionales risquent d'être entravées si un de ses membres fondamentaux ne parvient pas à résoudre ses problèmes structurels internes. Si le Niger ne parvient pas à pourvoir ses postes douaniers avec un personnel qualifié et suffisant, et à mettre en place un système de recrutement transparent et méritocratique, il pourrait non seulement freiner l'élan de la CES, mais aussi être perçu comme le maillon faible en matière de sécurité et de mobilisation des recettes douanières, affaiblissant ainsi l'ensemble de l'alliance.

Appel à l'Action

Face à l'urgence de la situation, les diplômés en douane appellent les plus hautes autorités nigériennes à une action rapide et concrète. Ils demandent notamment l'intégration sans concours des quelques 200 diplômés en attente, la mise en place d'un système de recrutement équitable, l'ouverture d'une enquête indépendante sur les irrégularités passées, et l'instauration d'un dialogue constructif. Seule une réforme profonde et une volonté politique forte permettront à la douane nigérienne de regagner sa pleine capacité opérationnelle et de jouer pleinement son rôle, tant au niveau national que dans le cadre de la nouvelle Confédération des États du Sahel.

a lire aussi :

Sources :

Dialogue en cours pour l'insertion des diplômés de l'ENA à la Douane nigérienne

Dialogue en cours pour l'insertion des diplômés de l'ENA à la Douane nigérienne



Niamey, Niger – Une rencontre a eu lieu le jeudi 22 mai 2025, entre les représentants des diplômés et élèves en douane de l'École Nationale d'Administration (ENA) et la Direction des Ressources Humaines et de la Formation (DRH/F) de la Direction Générale des Douanes (DGD) du Niger. Cette entrevue fait suite à une demande officielle du collectif des diplômés, initialement adressée au Directeur Général des Douanes.

L'objectif principal de cette réunion était de discuter des perspectives de recrutement des spécialistes en douane. Les questions soulevées par le collectif portaient sur l'éventuelle organisation d'un concours d'intégration directe en 2025, la position de la DGD concernant une intégration sans concours pour les diplômés de l'ENA, et la possibilité d'un soutien de la DGD pour une rencontre tripartite avec le Ministre des Finances.

La Direction des Ressources Humaines et de la Formation a accusé réception de la lettre du collectif et a indiqué qu'elle examinerait ces points avec le Directeur Général des Douanes afin d'apporter des réponses. Le collectif a exprimé sa gratitude pour la disponibilité et la courtoisie du Directeur des Ressources Humaines et de la Formation.

Cette rencontre marque une étape dans l'établissement d'un canal de communication entre les diplômés de l'ENA et l'administration douanière, dans l'attente de clarifications sur leur future intégration professionnelle.

Retrouvez l'article sur l'entretien en visitant le blog spécialisé en douane de l'Afrique de l'ouest administré par un nigérien 👉🏾abdoulkadernews.blogspot.com

A lire aussi

👉la douane "déclarante", est-ce envisageable, et les transitaires et commissionnaires seront-ils d'accord?

👉🏾 Six ans ne suffiront pas pour organiser un concours d'intégration à la douane au Niger,

👉Déclaration des diplômés en douane


samedi 8 mars 2025

5 000 à 10 000 m³/j/Damagaran, Guida!

Damagaran, Guida!


Damagaran, illustre ville légendaire et mythique du Niger. Elle n'est pas uniquement la ville de deux présidents élus démocratiquement, elle est aussi la première capitale du Niger....

Analyse comparative avec Niamey 

Il est important de noter que Niamey, en tant que capitale administrative du pays, bénéficie souvent d'une part disproportionnée des investissements publics par rapport aux autres régions, y compris Zinder. Pourtant, cette même région enregistre le plus de cadre dans l'appareil d'État. Je m'abstiendrai de donner des chiffres sur les dépenses par région dans le cadre de la modernisation des villes conformément à la politique de l'agence de modernisation des villes (AMV) pour confirmer la disproportionnalité des investissements publics.
À lire aussi :👉🏾 Après 22, la CNPC au Niger👈🏾
Les données comparatives sur les investissements publics entre la région de Zinder et la région de Niamey au Niger peuvent varier selon les secteurs (infrastructures, éducation, santé, agriculture, etc.) et les périodes analysées. Cependant, Niamey concentre une grande partie des institutions gouvernementales, des projets urbains et des infrastructures stratégiques (routes, énergie, eau), ce qui explique des investissements plus élevés.
En 2020, Niamey aurait absorbé environ 30-40% des investissements publics nationaux, contre 5-10% pour Zinder (source : INS Niger). En 2021, plus de 70% des investissements routiers nationaux sont alloués à Niamey et à l'axe Niamey-Dosso (rapport Banque Mondiale, 2021). Cependant, dans la même année et dans le domaine agricole Zinder a reçu environ 15% des fonds agricoles nationaux  (contre 5% pour Niamey, selon le Ministère de l'Agriculture).
Cette tendance semble être rectifier ces dernières années. En effet, depuis 2021, Zinder reçoit près de 2 fois plus d’investissements, dans le secteur hydraulique, par habitant que Niamey.  
Cette différence s’explique par :  
  - Un retard historique : Zinder a longtemps souffert d’un déficit hydraulique critique, nécessitant des investissements lourds.  
  - Des coûts techniques plus élevés : Forages profonds (> 300 m) et nécessité de transporter l’eau sur de longues distances.  
  - Un objectif de rééquilibrage territorial : La BAD et l’État nigérien cherchent à réduire les inégalités d’accès à l’eau.  
A Zinder, le retard infrastructurel et les coûts d’exploitation maintiennent une inégalité d’accès réelle. Le coût réel de l’eau est plus élevé à Zinder. 
Faute d'infrastructures, en milieu rural, le prix est plus élevé à Zinder soit 1 000-2 000 FCFA/m³ contre 500 FCFA/m³ avec un tarif régulé par la NDE, à Niamey.
D'autres considérations entrent en jeu, comparativement à la capitale Niamey, et maintiennent cette inégalité comme :
  - Niamey est la capitale administrative et économique, avec une pression internationale forte (sièges d’institutions).  
  - Urgence liée à la croissance anarchique (bidonvilles, besoins sanitaires).  
  - par contre, Zinder est une région rurale marginalisée, moins visible médiatiquement avec des projets souvent réactifs (crises d’eau) plutôt que planifiés.  
Zinder, deuxième ville la plus peuplée du Niger et région historiquement importante, est souvent perçue comme sous-investie malgré son potentiel agricole et sa position géographique (carrefour vers le Nigeria). Les ONG et institutions comme l'UNICEF soulignent le sous-investissement chronique dans les régions comme Zinder, malgré leur vulnérabilité aux crises alimentaires.
Analyse des Disparités par Secteur
Avec une population  majoritairement rurale, croissance démographique élevée mais moins concentrée, Zinder accumule les disparités structurelles et géopolitique malgré sa population estimée à 5 millions, 3 à 4 fois celle de Niamey. De plus, Niamey reçoit 4,2 fois plus d’investissements par habitant que Zinder.

 Accès à l'Eaux

Damagaran, la région de Zinder a un besoin de couverture journalier de 5 000–10 000 m³. Avec les projets en cours comme Ganaram3 et Aroungouza on peut espérer une augmentation de la couverture en eau. Le taux d'accès à l'eau est de 35% à Zinder contre 75% à Niamey(Estimation basée sur les rapports de la SEEN, 2023). Il est certain que la capitale doit garantir un degré d'accès à l'eau conforme aux normes internationales des capitales proprices aux événements internationaux mais Zinder est aussi la première capitale du Niger, la ville des présidents élus démocratique. Cette dernière mérite donc une attention particulière.
Ces inégalités conduisent à  des pénuries fréquentes (3 à 5 jours sans eau dans certains quartiers) et le recours à des solutions informelles (eau vendue par charrettes à prix élevé).
Le retard infrastructurel et ses coûts d’exploitation maintiennent une inégalité d’accès réelle à Zinder. Niamey, malgré des ratios plus faibles, dispose d’un réseau mieux organisé mais saturé. Une approche différenciée et des financements adaptés aux spécificités locales sont nécessaires pour réduire ces écarts.

Secteur Structurel

Niamey bénéficie de financements récurrents et de la priorité politique (ville capitale) tandis que Zinder est handicapé du sous-équipement historique et des coûts de forage plus élevés (nappes profondes).  

Facteurs Géopolitiques

Niamey attire plus d’investisseurs (projets urbains, diplomatie économique) alors que Zinder dépend davantage de l’aide internationale (BAD, UE).
Il est donc évident de renforcer la transparence par la publication des données détaillées sur les investissements par région.  
Il est aussi urgent d'accélérer les projets ruraux à Zinder pour réduire la dépendance aux forages coûteux.  

Ouverture (politique)

Damagaran est la ville "faiseur de roi, de président". Faire admettre à la fonction publique les ressortissants (parents, amis et connaissances des dignitaires de la région de Zinder) n'est pas la solution pour s'assurer de l'allégeance de la masse pour les élections. La récurrence du procédé, depuis la conférence des années 90 a conduit à une frustration généralisée dans toutes les zones rurales, pas seulement à Zinder. 
La technique est connue de tous donc il est donc primordial pour la sauvegarde de la patrie et de la sauvegarde de toute parcelle de #justice d'éviter cette pratique !
Conclusion: bien que "Comparaison n'est pas raison", la comparaison révèle une inégalité marquée en faveur de Niamey, malgré des besoins plus criants à Zinder. Une approche corrective fondée sur des indicateurs objectifs (déficit hydrique, taux d’accès) serait nécessaire pour rééquilibrer les allocations. Les bailleurs internationaux pourraient y contribuer en liant leurs financements à des critères d’équité territoriale.
(Sources croisées : BAD, AFD, SPEN, INS-Niger, SEEN,NDE)
Note d'information : l'analyse comparative est une méthode pédagogique d'apprentissage donc d'information forcément car pas d'apprentissage sans information. L'objectif de cette analyse est donc d'informer, de sensibiliser sur l'importance de l'eau dans la région de Zinder. Le Niger a beaucoup à gagner en laissant de côté les calculs politiques, de pouvoir (ou de douane) et de se concentrer sur la justice entre les nigeriens et entre les régions et en même temps d'une justice équitable à tous les présidents(même déchu)....
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